La Clue de La Melle depuis la vallée d’Asse
19 / 11 / 2025
Nous sommes 15 à rejoindre la vallée d’Asse sous un ciel bleu d’automne jusqu’au point de départ sur la route Napoléon, entre Barrême et Senez (759m). Un nuage de brouillard nous accueille et nous devons bien nous couvrir en nous dirigeant en direction de Senez sur le GR 406. Nous longeons des prairies puis quittons le GR après la ferme de Chaurits. L’effort de la montée et le soleil tout au long de la piste nous permettent de déposer vestes, bonnets et gants. Lorsque nous abordons l’ubac de la montagne de Vibres vers Font Géline le froid se fait à nouveau sentir et il faut se recouvrir. Nous abordons l’entrée de la Clue (1494 m) sur un sentier de pierre, directement creusé dans la roche, surplombant le ruisseau. De beaux murs de soutènement en pierre le long des parois rocheuses forcent l’admiration. Le chemin est bordé d’un garde corps sur la vue plongeante des gorges d’où monte le bruit des cascades.
Nous avons le choix entre la traversée d’un éboulis ou celle du torrent qui nous semble hasardeuse car trop glissante. Nous arrêterons donc la randonnée sans pouvoir atteindre la chapelle Sainte Madeleine et pique-niquons au soleil sur le chemin.
Retour sur nos pas pour descendre vers le ravin du Riu d’Orges puis après le pont de bois, monter à flanc sur un agréable sentier en balcon dans la forêt des Barres. Nous passons à proximité de la ferme d’Ourgeas lieu de préparation des maquisards. Au sommet nous dominons Barrême et rejoignons le point de départ par une piste forestière puis le GR 406.
Nous avons marché 14 km pour un D+ de 546 m.
Nous prenons les voitures pour nous rendre à Senez, cité remontant aux premiers siècles de notre ère, désormais petit village sans plus aucune activité, peuplée d’une centaine d’habitants, mais peu de Seneziens d’origine. Plusieurs fois inondée car implantée entre l’Asse et le torrent de la Bonde, ravagée par les intrusions barbares, la cité gallo-romaine n’a gardé pratiquement aucun vestige antique à part quelques monnaies et une borne militaire. Siège d’une administration romaine, Senez devient diocèse de l’église catholique probablement au VIe et celui ci fut maintenu des siècles durant sans interruption jusqu'à la période révolutionnaire. En témoin sa cathédrale romane où nous accueille Régine. Les messes y sont rares, une petite dizaine de Seneziens, et encore qu’à la belle saison, car le bâtiment n’est pas chauffé. Mais les visites y sont nombreuses, des touristes souvent, des pélerins parfois, et surtout à la procession du 15 aout. L’édifice actuel date du début du XIIIe sous le vocable Notre Dame de l’Assomption. On voit encore les croix de consécration sur les piliers. Des fouilles archéologiques de 2018 et 2019 dans la dernière travée de la nef ont mis en évidence les vestiges d’un sanctuaire appartenant à la première cathédrale (V-VIe siècle). Régine nous décrit le mobilier extraordinairement bien conservé : des tapisseries des Flandres et d’Aubusson, ( celles qui n’ont pas été volées ), des stalles et des retables des XVIe et XVIIe siècles …
Merci encore à Régine et Yolande, sa soeur, de nous avoir si gentiment accueillis.
BM