Randonnée patrimoine, de Ménerbes à Oppède

5 / 11 / 2025

 

Temps parfait pour cette rando guidée par Sabrina et Hervé : du soleil et de la fraîcheur, juste ce qu’il faut. Nous sommes 21 à démarrer de Ménerbes que nous traversons sans trop nous arrêter, mais non sans avoir salué la statue de Clovis Hugues, pour trouver assez vite un sentier très agréable dans le bois. Bientôt, nous longeons la grande carrière de pierre du Midi (calcaire blanc coquillé) de l’Estaillades, une des plus grandes d’Europe, paraît-il. C’est cette pierre qui a servi à construire maisons et monuments dans notre région mais aussi la Maison blanche !

Nous regardons d’en haut les carriers au travail et restons impressionnés par les engins capables de transporter d’énormes blocs pour les stocker sur un terrain à l’écart.

 

Le chemin se poursuit tranquillement jusqu’à Oppède dont on découvre bientôt le château en ruine perché sur un éperon rocheux. Là, commencent les explications de Sabrina. D’abord la source, le seul point d’eau du village, située hors les remparts mais bien protégée par de hautes murailles. On devine un réservoir assez grand, qui s’enfonce sous le sol et doit garder sa fraîcheur même en été. Nous pénétrons ensuite par un chemin excavé dans le rocher et protégé par le rempart, qui nous mène dans l’ancien village qu’on appelle aujourd’hui Oppède-le-Vieux. Le vieux, parce qu’au fil des siècles et d’événements tragiques (peste, attaques des routiers, tremblement de terre de 1731...), le village a glissé vers la plaine, plus riche, plus accessible, la mairie s’installant dans le village moderne en 1909.

 

Oppède a appartenu d’abord aux comtes de Toulouse puis à la papauté au XIIIe siècle avant de passer aux Maynier, nom associé au massacre des Vaudois du Luberon, en 1545, qui fit plus de 3000 morts et dont le sanguinaire baron Jean Maynier d’Oppède, s’était fait une gloire. Passée la porte ménagée dans le rempart, petit arrêt devant une pierre gravée, le carré Sator, palindrome dont les mots – sator, arepo, tenet, opera, rotas - peuvent se lire de haut en bas, de bas en haut, de droite à gauche et de gauche à droite et dont la traduction comme l’interprétation restent hypothétiques. Nombre des maisons de l’ancien village, encore en ruine il y a 50 ans, ont été peu à peu rénovées, en partie grâce à l’initiative du « groupe d’Oppède », un collectif d’artistes séduit par la beauté des lieux qui peu à peu s’y installent à partir de 1940.

C’est à la collégiale N.-D. Dalidon, vaste église (remaniée au XVIe et XVIIe) qui domine le village que nous décidons de déjeuner, assis sur les dalles, au soleil.

 

Mais, comme nous l’a annoncé Sabrina, le retour sera moins confortable que l’aller et il nous faut reprendre le chemin. Après un petit détour par les belles aires caladées de Sainte-Cécile, le retour commence par une longue montée bien raide, suivie de descentes non moins pentues et glissantes, entrecoupées de remontées plus raisonnables. Comme à l’allée nous admirons de belles maisons, bien restaurées, dotées des inévitables cyprès (cette manie d’en coller partout !) et des non moins inévitables lavandes. Résidences secondaires vraisemblablement.

 

Nous sommes heureux d’arriver enfin à Ménerbes où nous avons la chance de pouvoir entrer dans la chapelle Saint-Blaise (patron des cardeurs), élevée en 1734 par la confrérie des pénitents blancs et dotée d’un magnifique plafond de bois sculpté (classé à l’inventaire des monuments historique, comme la grille de tribune en fer forgé).

 

Nous avons fait 15 kms de marche pour 440m de dénivelé environ.
Merci à Sabrina pour nous faire profiter de toutes ses connaissances.

 

 

D.M.