SEJOUR DANS LE LARZAC DU 17 AU 23 MAI  2021

  

Jour 1   

La Couvertoirade

17 / 05/ 2021

 

A midi pile, 21 randonneurs sont au rendez-vous sur le parking de La Couvertoirade. Deux autres randonneurs nous rejoindrons dans la soirée.

Nous rejoignons Rolande et Michel, du club de randonnée « L’Escapade Saint-Jeantaise » qui vont nous piloter pour une randonnée autour de la cité Templière.

 

Nous partons par groupe de 6 vers le plateau côté sud en longeant une superbe Lavogne (réserve d’eau pluviale aménagée pour l’abreuvement des troupeaux). Nos guides nous font découvrir des cazelles (bories locales) et deux dolmens.

Vers 13H00 nous prenons ensemble notre pique à l’abri des buis, car entre temps le vent frisquet a pris de la force. Au retour à La Couvertoirade, nos guides nous font la surprise d’une visite guidée du moulin à céréales de Redounel par le président de l’Association qui a contribuée à sa restauration.

 

15H30, Anne-Sixtine de l’Office de tourisme nous fait faire la visite de la cité templière, joyau historique datant du XIIème siècle.

La Couvertoirade constitue dès l’origine pour les Templiers un centre d’exploitation agricole. Sur ces terres, ils font cultiver aux paysans des céréales, élever des chevaux (pour la guerre) et des moutons (pour la viande, les peaux, le lait). Un bourg se développe autour du château, encore visible de nos jours. En 1312, l’ordre du Temple est dissous. L’ensemble de leurs biens revient aux Hospitaliers qui deviennent les nouveaux maîtres de La Couvertoirade.

 

Vers 17H nous reprenons nos voitures pour rejoindre le domaine de Gaillac à Sauclières qui sera notre lieu d’hébergement pendant toute la semaine.

 

 

J C


Jour 2

La corniche du Causse noir

18 / 05 /2021

 

Avant d’atteindre Peyreleau, le petit village d’où démarre notre balade, nous devons passer par Millau ce qui nous permet d’admirer le magnifique viaduc créé par l’architecte Norman Foster (celui à qui l’on doit aussi le musée de Quinson).

Arrivés à Peyreleau, nous empruntons un petit sentier qui monte régulièrement au milieu des pins (dont la couleur sombre aurait donné son nom au Causse noir), des feuillus et des buis. Nous nous attardons à identifier les plantes sous la conduite d’Alain : céphalanthère, mélitte à feuilles de mélisse, sceau de Salomon, dompte-venin… et même du muguet !

Peu à peu nous abordons la corniche qui domine les abrupts impressionnants des gorges de la Jonte. Les vautours moines planent au-dessus de nous et parfois même en-dessous. Vers midi, nous voilà à l’ermitage Saint-Michel pour le pique-nique. Là, certains prennent l’échelle métallique qui permet de grimper sur le piton rocheux pour voir les vestiges de la petite chapelle romane en pierre de tuf, d’autres plus sportifs se hissent sur le rocher voisin pour admirer le site, les plus curieux vont jusqu’aux ruines de l’ancienne redoute. Claude nous explique que ce site fortifié n’a jamais été un ermitage (malgré son nom) mais qu’il s’agit de la forteresse de Montorsier, abandonnée au XVe siècle.

Nous poursuivons notre balade dans la forêt sous une pluie intermittente. Le prieuré de Saint-Jean-des-Balmes nous attend, nichée dans une belle clairière. Il est formé d’une église romane du XIIe siècle et deux chapelles plus tardives. Le lieu a été abandonné au XVIe siècle. Sa toiture en quart de sphère, couverte de lauzes, son escalier en vis, en font un monument digne d’être classé Monument historique (1989).

La balade se termine vers 17h30 après 13,500 km et 900m de dénivelé. Nous sommes un peu mouillés mais ravis de ces paysages grandioses.

 

Merci à Claude et Michelle qui ont repéré pour nous cette randonnée.


 

Jour 3

 Le Lac des Pises

19 / 05 / 2021

 

Départ 9h30 au dessus du village d'Aumessas.

 

Nous empruntons un très joli chemin caladé en granit bordé de châtaigniers qui monte tranquillement. Beaucoup de fleurs également que certain(e)s connaissent bien et que d'autres apprennent à identifier. Petit à petit, au fur à mesure que nous progressons les chênes remplacent les châtaigniers et quand nous arrivons à découvert changement de décor : Genets en fleurs, blocs de granit, le paysage s'est ouvert et nous voyons très loin au-dessus des montagnes.

Nous continuons notre ascension et dégotons pour la pause-banane un endroit en plein soleil, à l'abri du vent avec une vue magnifique qui nous accompagnera jusqu'à une piste royale (par sa largeur) et agréable. Nous marchons entourés de  hêtres magnifiques, tarabiscotés, moussus...et de cascades pendant que le temps commence à changer et on se dit qu'on va se prendre un grain avant d'arriver au lac et que c'est bien dommage parce que c'est quand même bientôt l'heure du repas !

Mais non ! tout s'arrange quand nous arrivons et abrités  du vent, au bord du lac nous pouvons apprécier notre salade à l'oeuf dur et un bon sandwich qui tient au corps .

Pas le temps de siester et nous repartons par un sentier vers le col de l'Homme mort.

On avance peinard.

Une piste que nous quittons heureusement assez rapidement nous ramène de nouveau à une forêt de hêtres et là c 'est plutôt galère car des coupes de bois ont massacré le terrain, il faut lever la jambe et être vigilant. Mais c'est quand même très beau, genre forêt magique de sorcières .

Nous sommes sur le chemin du retour, un bon sentier nous ramène petit à petit sur notre chemin caladé que nous redescendons.

Une averse nous pousse dans les voitures, on en a plein les genoux!

 

En gros 18 km,+900m de dénivelé.


Jour 4

Les Canalettes

                                       20 /05 / 2021

 

Ce jeudi, par un beau soleil encore froid, Pierre nous emmène découvrir le site des Canalettes, bien caché dans les bois de pins, buis, genévriers où court une multitude de sentiers qui se ressemblent.

 

Nous admirons d'abord quelques beaux blocs de calcaire travaillés par l'érosion et pénétrons dans la première des trois canoles, couloir étroit entre deux parois rocheuses tapissées de mousses épaisses, lichens, fougères où de maigres arbres tentent d'atteindre la lumière. La température est basse, l'humidité importante. Des rochers sont au sol ou coincés dans la faille. Des branches et des troncs  morts, verts de mousses pendantes, prennent l'aspect d'êtres fantomatiques. L'ambiance est étrange, comme dans un conte, hors du temps. Nous progressons parfois de profil, rampant sous un bloc, l'escaladant puis le désescaladant à l'aide d'une corde bien usée...

 

La seconde canole est trop facile, long cheminement sans embûches mais tout autant magique. La troisième joue l'arlésienne. Pierre nous entraîne à sa recherche : elle est là, toute proche, mais son accès reste introuvable. Nous la découvrons enfin et son passage avec main courante donne quelques sueurs froides aux explorateurs.

 

Après le pique-nique dans une prairie chétive ponctuée de blocs rocheux servant de siège, nous poursuivons notre visite par l'imposant masque de pierre, le « bibendum », l'arche magnifique nommée « pont romain »... en progressant sur un sol couvert d'une épaisse mousse qui tapit aussi les roches, les souches, les troncs et les branches.

 

Nous atteignons l'abri moustérien des Canalettes, utilisé comme campement saisonnier par des chasseurs-cueilleurs d'il y a 70 à 80000 ans où des outils de pierre et des ossements de chevaux, cerfs, chevreuils, chamois, bouquetins...ont été trouvés.

 

Cinq d'entre nous découvrent, au pas de course, la source vauclusienne du Dourzon pendant que le reste de la troupe s'attarde à l'ancienne ferme des Canalettes, bel exemple architectural rural, avant de revenir aux voitures.

 

La journée se poursuit par la visite de la cave Papillon à Roquefort. Les emplettes fromagères terminées, une surprise attend Gisèle qui fête, ce jour, ses 80 ans : apéritif convivial au milieu des Causses, chanson inoubliable, cadeaux...Que de joie partagée...

 

 D L


Jour 5

                      Les corniches du Tarn et de la Jonte

                                       21  /05 / 2021

 

Aujourd'hui Joël nous emmène randonner sur le grand classique du Causse Méjan, nous n'allons pas être déçus.

 

Nous montons vers le Rocher Capluc qui, ainsi une sentinelle, surveille la confluence Tarn-Jonte. Deux spécialistes préparent leur matériel pour aller baguer de jeunes vautours.

 

Nous nous divisons en deux groupes, Joël propose aux plus téméraires une option sportive qui permet de rester sur le fil de l'arrête menant aux « tours de pierre » où les vautours se sentent en sécurité. Les mains ne sont pas inutiles à la progression.

 

Les deux groupes réunis, le cheminement se poursuit sur un sentier dominant les Gorges du Tarn. De nombreux belvédères ouvrent la vue sur les falaises et les escarpements. Sur le plateau, une visite du maquis du Causse permet de rejoindre un troisième groupe ayant choisi un parcours allégé. Le contact se fait devant la grotte de la Baumette où un passionné d'archéologie et d'ethnologie nous attend, il nous donnera d'intéressantes explications sur le site de la Grotte de l'Homme mort.

 

Prunière y a fait des fouilles  à partir de 1867, il découvre de nombreux crânes trépanés datant de 2600 à 2000 avant notre ère. Certains de ces crânes étaient en cours de cicatrisation, prouvant la survie après la trépanation, preuve d'actes chirurgicaux ?

 

Après les vestiges du village dit « des résiniers », nous admirons trois grandes arches naturelles dans un milieu féerique et surprenant.

 

La Corniche de la Jonte nous offre quelques surprises. Un vautour moine avec son petit est installé sur son grand nid de branchages au faîte d'un arbre tabulaire et, plus bas, dans la falaise nous observons un jeune vautour fauve grâce à la lunette télescopique d'un garde du parc.

 

Le sentier de retour évolue entre les impressionnantes vues plongeantes vers la Jonte avec ses falaises et le chaos dolomitique qui nous surplombe, propice à l'imagination du randonneur : poule, bonnet phrygien, vase de Chine, vase de Sèvres...

 

Merci Joël pour cette visite du Causse  qui n'était pas conçue pour des cossards : 19 km et 900m de D+

 

 

PL


Jour 6

Le cirque de Navacelles

22 / 05 / 2021

 

Depuis le hameau de Navacelles le sentier s'élève vers les hauteurs du Cirque.

L'envie est grande de flâner pour admirer les innombrables fleurs qui jalonnent le parcours.

Après un cheminement sur le plateau au milieu des pâturages, nous amorçons la descente vers Vissec.

Ce village situé dans les gorges de la Vis en amont du Cirque de Navacelles doit son nom au fait que sa rivière: la Vis ne coule que lors des fortes pluies.

Un château médiéval surplombe nos tables de pique-nique.

Confortablement installés nous savourons notre repas après un sympathique apéritif.

Nous reprenons notre parcours vers les gorges de la Vis au fond desquelles la rivière réapparaît sous la forme d'une majestueuse résurgence.

Dans cet endroit éloigné du village et difficile d'accès on a construit au Moyen-âge les moulins de la Foux qui sont assez bien conservés.

Une exposition permanente y retrace des siècles de civilisation caussenarde.

C'est samedi, l'endroit est très visité !

Nous revenons à notre point de départ par un agréable sentier au bord de l'eau.

 

C B 

 


Jour 7

Le cirque dolomitique de Mourèze

23 / 05 / 2021

 

C'était le dernier jour de ce formidable séjour et nous étions tous - ou presque -d'attaque. Ça tombait bien parce que deux itinéraires nous étaient encore une fois proposés, pour les cracks et les sous-cracks. Merci encore aux organisateurs qui sont venus, il y a plus d'un an, reconnaître plusieurs trajets pour permettre à tous les niveaux d'y trouver leur compte.

Le départ se fait du charmant village de Mourèze dont le parking payant est déjà bien rempli en ce dimanche de Pentecôte. Le belvédère qui domine le site nous donne un aperçu sur le chaos dolomitique qui a fait la réputation du cirque dans son labyrinthe de 300 hectares. Une dizaine de films y ont été partiellement tournés, inspirés sans doute par les noms donnés à ces roches de calcaire dans lequel la dolomie ou magnésium remplace le calcium : le sphynx, l'ours, le berger, les orgues - on ne les a pas tous identifiés, n'ayant pas lu à temps la notice de l'OT.

Le groupe cracboomhu contourne le site côté est par le Brugas et attaque par le nord la forêt de l'ubac.

A mi-pente, en explorant la grotte du Liausson, il pourra se faire une idée, l'imagination aidant, sur les nombreux fossiles datant du permien qui, comme on n'est pas sans savoir, se situe à la louche autour de 260 millions d'années. Ce qu'on sait peut-être moins, c'est qu'on y a trouvé des empreintes de reptiles plus vieux que les dinosaures. Ça rappelle à certains notre enfance nourrie à Rahan - et tant pis pour les moins de 20 ans-qui-peuvent-pas-connaître.

Sur la crête de la montagne de Liausson, les 2 groupes enfin réunis se retrouvent pour le picnic. Nous admirons à loisir la vue magnifique sur le lac de barrage de Salagou dont les berges, ourlées de vignes et de cultures colorées, nous évoquent avec nostalgie les mosaïques des contres forts du Népal.

Descente et retour au bercail bas alpin, non sans nous être livrés aux joies immodérées de la première bière à la terrasse d'un bistrot enfin ouvert !!!

C'est ce qu'on appelle finir en beauté une semaine de partage...

8km - dénivelée : 460 m -

 

Gisèle B.