De Lurs à Ganagobie

Mercredi 17 février 2021

 

Nous nous sommes retrouvés , un groupe de 24 personnes , emmené par Lucien , au parking de Lurs en contrebas de la Chapelle St Michel. Départ à 9h, en empruntant le chemin des écritures puis en remontant vers le haut du village jusqu’à la demeure des évêques datant du 18 °siècle   .

Nous quittons le village par le Nord , par la Promenade des évêques bordée de 15 oratoires, en direction de la chapelle Notre Dame de Vie construite au 19° siècle .

Au travers de bois de chênes verts, chênes blancs, buis, genévriers et pins d’Alep, nous nous dirigeons toujours vers le Nord vers le vallon du Buès , ruisseau affluent de la Durance , que nous traversons à gué.

A partir de là, nous débutons l’ascension du plateau de Ganagobie formé  entre – 25 (Oligocène) et – 20 ( Miocène)  millions d’années dans une mer peu profonde qui occupait l’actuel bassin de Forcalquier et où s’accumulaient des sédiments détritiques issus de l’érosion de la jeune chaîne alpine .

Nous montons donc au travers de roches sédimentaires issues de la consolidation de ces sédiments (argiles, marnes et conglomérats Oligocène à la base, dalle calcaire Miocène au sommet du plateau, plus résistante à l’érosion ) .

Nous arrivons sur le plateau, à 350m au-dessus de la vallée de la Durance et, via l’allée de Forcalquier, en longeant les hauts murs d’une ancienne garenne où on élevait des lapins, nous parvenons au Prieuré bénédictin de Ganagobie et au portail monumental de son église.

Après une visite de cette église, par groupes de 6, où les mosaïques du chœur du 12° siècle ne sont pas accessibles, mais où nous pouvons voir :

·         un sarcophage du 11° siècle,

·         des vitraux dessinés par un moine coréen, fabriqués dans la région de Chartres et inaugurés en 2006,

·          une « Vierge à l’enfant » du peintre marseillais Adolphe Monticelli (1824-1886), mis en nourrice dans une ferme attenante au Prieuré pendant les onze premières années de sa vie,

nous la contournons pour accéder à un ancien cimetière où subsistent des tombes creusées dans la dalle calcaire, datées des 9° et 10° siècles ; puis nous nous dirigeons vers l’Est où un belvédère permet d’ admirer le point de vue sur la vallée de la Durance ; ensuite nous suivons un sentier qui, sur le plateau et vers le Nord, et après avoir dépassé des abris sous-roche (appelés aussi baumes) au sein de la dalle calcaire, nous conduit vers l’enceinte, en cours de préservation, de l’antique village de Villevieille, occupé jusqu’au 14° siècle et où, au soleil, nous déjeunons. Avant de repartir, certain(e)s parmi les plus courageux d’entre nous aident un bûcheron à charger 2 stères de bois sur sa remorque .

Nous passons côté Ouest du plateau d’où nous admirons les villages de Sigonce , de Cruis et les crêtes enneigées de Lure . Nous traversons une ancienne carrière de meules, creusée au sein de la strate calcaire Miocène, utilisées dans les divers moulins de la région, et passons côté Sud du plateau avant d’entamer notre redescente du plateau vers le vallon du Buès.

Avant de parvenir au ruisseau, nous traversons le canal dit « de Manosque à Corbières », datant du 19° siècle, issu d’une prise d’eau de la Durance aux environs de Volonne et qui est toujours utilisé pour l’irrigation.

Nous parvenons au Buès au niveau d’un pont romain daté du 3° siècle et remontons en direction du village de Lurs, sur son flanc Est, d’abord par un âpre chemin correspondant au gazoduc conduisant de l’éthylène depuis l’usine de St Auban vers Lavéra (Martigues) , puis par un sentier serpentant parmi des oliveraies et des « restanques » anciennes ou restaurées .

Au total nous avons réalisé une randonnée en boucle de 14,7 Km et 552 m de dénivelée positive par un très beau mercredi de février bien ensoleillé.

 

 

J.P