L'ESTROP EN DEUX JOURS PAR TROUMILLE
                            20 et 21 /06/2019



Avec deux estropiés de dernière minute nous nous sommes retrouvés 7 pour faire cette rando sportive sur deux jours (grâce aussi à deux invités hors RHP : Isabelle et Alan).

Départ jeudi 10h du parking des Eaux chaudes, nous suivons la Bléone jusqu'au nouveau chalet-abri  situé à la sortie du torrent de Male Vesse. Là nous bifurquons sur la gauche pour attaquer l’ascension des crêtes. Jusqu'à la cabane de Troumille notre progression se fait dans la forêt.

Puis nous entamons les crêtes. Nous devons mettre les mains pour passer quelques éperons rocheux, puis une main-courante nous permet de franchir en tout sécurité un à pic assez vertigineux.
Le sentier n'est pas balisé, mais nous n'avons pas le choix, il faut rester sur la crête. Des deux cotés on est canalisé par des pentes sans fin.

12H30 nous prenons notre pique nique à 2179m d'altitude .

Il nous reste encore 416m pour franchir le sommet « sans nom » du jour à 2695 m . Nous décidons de le nommer le « casse-jambe » car il a bien entamé le reste de force qu'il nous restait .
Enfin nous prenons la descente vers le refuge de l'Estrop via les crêtes de Chabrières . La descente est très rapide, sûrement trop, les muscles non engagés à la montée encaissent à leur tour.

L'emplacement du refuge et la bière qu'on y trouve sont paradisiaques. D'autant plus que l'accueil d'Olivier, et sa cuisine, correspondent à nos aspirations tacites de suppliciés.
Nuit calme dans deux dortoirs mis à notre disposition exclusive et levé matinal à 6H30 pour affronter l'Estrop et ses 2961m.

Le départ est rude. Pendant la nuit la pente des alpages s'est rapprochée de la verticale. Nous prenons un rythme lent approprié. Au bout d'une petite heure nous attaquons le chaos de rochers du premier plateau. Le contournement des rochers, le franchissement des éperons et des ruisseaux et la compagnie des chamois nous distraient des affres d'une montée un peu moins ardue.
Une autre difficulté nous attend au pied de l'Estrop. Ce sont les derniers névés que l'on n'arrive pas toujours à éviter. Chacun à son tour connaît la joie de s'enfoncer jusqu'à la ceinture dans des poches de neige affaiblies par la fonte sous-jacente .
Enfin nous attaquons la partie finale constituée de plaques de roches disposées telles des dalles sur le plan incliné qui aboutit au sommet.

Le bonheur nous attend : il est dans la satisfaction d'être arrivé, dans le panorama à 360° et dans la contemplation à nos pieds de nos exploits de la veille et du jour.

La descente est rapide, nos muscles ont retrouvé de la fraîcheur.
Arrêt bière et pique-nique au refuge puis descente jusqu'au parking par la voie classique.

La journée aura été rude : 15km – 960m de dénivelé positif et presque 1700 m en négatif.
Pas de dégâts trop importants si ce n'est un pouce « foulé ».

Merci à mes compagnons de ces deux jours …

JC